Nedim Gürsel

Nedim Gürsel
pas labex
pas Eurias

dates de séjour

01/10/2013 - 31/12/2013

discipline

Littérature

Fonction d’origine

Directeur de recherche

Institution d’origine

CNRS (France)

pays d'origine

France

projet de recherche

Le prophète de l’Islam et la littérature

En tant qu’auteur d’un roman où Mohamet se trouve au centre du récit (Les filles d’Allah, éd. Seuil), Nedim Gürsel a été accusé de blasphème et poursuivi en justice par le tribunal de grande instance d’Istanbul selon l’article 216 du code pénal turc qui prévoit une peine de prison allant de six mois à un an pour celui qui « dénigre les valeurs religieuses de la population ». En partant du dossier juridique, il essaiera de réfléchir sur le “délit de blasphème” qui ne doit pas en principe exister dans un pays laïc, ce qui est le cas de la Turquie.

 

Mais cette recherche se veut aussi littéraire et comparative car depuis l’époque abbasside, plusieurs sources, notamment Ibn Hisam et Tabarî, relatent la vie du prophète de l’Islam. Il s’agit des premières monographies de Mohamet rédigées deux siècles après sa mort. Mohamet est un personnage historique, il est le messager d’Allah pour des millions de croyants. Peut-on en faire un personnage de roman sans se faire arrêter ou même se faire tuer dans un pays musulman? Cette question s’est posée pour Nedim Gürsel comme pour Salman Rushdie (Les versets sataniques). Assia Djebar dans Loin de Médine et Salim Bachi dans le Silence de Mohamet par exemple ont fait du prophète l’un des protagonistes du récit sans être poursuivis. De ce point de vue, force est de constater que son livre Les filles d’Allah marque un tournant dans la littérature turque contemporaine car il est le premier roman où le prophète est décrit comme un personnage ayant ses qualités et ses défauts, mais continue en même temps une tradition déjà ancienne.

biographie

Né en Turquie, Nedim Gürsel est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages (romans, nouvelles, essais critiques et récits de voyage) publiés dans son pays. Beaucoup d’entre eux sont traduits en français et dans d’autres langues (allemand, italien, espagnol, portugais, néerlandais, danois, grec, arabe, bulgare, etc.). Lauréat de plusieurs prix dont celui de l’Académie de la langue turque en 1976 pour son premier récit Un long été à Istanbul, il écrit en turc et en français.

Après son baccalauréat obtenu au lycée de Galatasaray d’Istanbul en 1970, il poursuit ses études à Paris où il soutient en 1979 sous la direction d’Etiemble, une thèse de doctorat en littérature comparée. Il est directeur de recherche au CNRS, chercheur au CETOBAC (EHESS), et chargé de cours à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales.

Son roman La première femme obtient en 1986 le prix Ipekçi pour sa contribution au rapprochement des peuples grecs et turcs. Le prix de la meilleure nouvelle lui a été décerné, en 1990, par Radio France Internationale. Il reçoit en 1992, pour ses essais, le prix de La Plaquette d’Or à Struga en Macédoine. Plusieurs de ses textes ont été mis en scène en Turquie et dans plusieurs pays européens. Son livre Le roman du conquérant, grand succès en Turquie mais aussi en Europe, a confirmé sa place parmi les écrivains turcs.

 

 

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