Osamu Nishitani

Osamu Nishitani

dates de séjour

01/01/2009 - 30/06/2009

projet de recherche

Revisiter l’histoire des idées médicales
discipline: 
Philosophie
fonction: 
Professeur
organisme: 
Université des langues étrangères de Tokyo, Japon

projet de recherche

Malgré la médicalisation généralisée, la médecine elle-même, qui devrait traiter et soigner les malades, semble s’estomper de plus en plus. Ce phénomène reflète au fond les exigences de l’ordre économique de la société organisée par le système industriel, pour laquelle une bonne gestion des ressources humaines -à la fois producteurs et consommateurs- est indispensable. La science de la vie, fournisseur de la vérité scientifique à la médecine contemporaine, n’est en effet que les recherches physico- chimiques des phénomènes de la vie, plutôt qu’ une connaissance de la vie en tant que telle. Et la technologie, promoteur de la médecine de pointe, ignore la distinction de l’homme et de la machine. Cette indifférence est une évidence. Mais elle nous forcerait d’éliminer l‘être humain’ de notre champ de vue. Hipocrate, distinguant clairement la medecine des cultes et des dogmes philosophiques, il ne l’a pas non plus réduite à la science. Celle forme du savoir ne sait pas s’arrêter à la différence de l’homme et des choses, tandis que la medecine s’occupe uniquement des hommes vivants. En retraçant les oeuvres de la medecine de tous les temps, qui côtoient et contourent toujours la vie des homme, nous essayerons de jeter une lumière sur les étapes de l’emprise de la vie humaine par la techno-science-économie.

biographie

Osamu Nishitani a étudié en faculté de droit à l’Université de Tokyo et de littéraire française à l’Université municipale de Tokyo, puis ensuite pendant deux ans en France (de 1979-1981 à l’Université de Paris VIII/ D.E.A en Lettres).

 

Enseignant, depuis 1986, la littérature et la pensée contemporaine française à l’Université de Meiji-Gakuin (Tokyo), il est actuellement professeur à l’Ecole doctorale de l’Université des langues étrangères de Tokyo (Tokyo University of Foreign Studies - TUFS), où il est chargé du cours de «Global studies» : études transdisciplinaires de la mutation du monde contemporain.

 

Travaillant notamment sur Georges Bataille, Maurice Blanchot et Emmanuel Lévinas, il a dégagé l’idée de l’ « impossiblité de mourir » -- l’idée qui réfute celle de Heidegger --, comme clef de la compréhension des conditions de l’existence humaine radicalement transformées par la Guerre mondiale.

 

Auschwitz et Hiroshima en étaient emblématiques. C’était le sujet central de son premier ouvrage :’Wonderland’ de l’immortalité (Fushi no wonderland, Seidosha, 1990, repris en collection de poche, 1996; edition revue et augumentée, 2002), qui a traité de l’effacement du sujet, le rapport à la mort, l’articulation de l’individu et de la communauté, l’histoire, le rôle de la technologie etc.

 

Puis, il a publié deux livres sur la Guerre mondiale:

- Traité de la Guerre (Sensô-ron, Iwanami-shoten, 1992, repris en collection de poche, 1998), une réflexion historico-ontologique sur la Guerre mondiale, écrite au moment de la Guerre du Golfe ;

- Toucher la palpitation nocturne (Yoru no kodô ni fureru, Presse Universitaire de Tokyo, 1994), qui pourrait être résumé comme une autre version de la « dialectique des Lumières ».

 

Tous ces travaux l’ont mené à réexaminer la notion de l’« Histoire universelle » comme matrice organisatrice de la civilisation occidentale, qui a déclenché le mouvement historique de la mondialisation, et qui s’est enfin universalisée dans le monde entier.
Le résultat provisoire est Le seuil critique de l’Histoire universelle (Sekaishi no Rinkai, Iwanami-shoten, 2000).

 

Entretemps, il a réuni des essais sur la déstabilisation du sujet dans le monde moderne sous le titre de
- Le détachement et le déplacement (Ridatsu to Idô, Serika-shobo, 1997),
- et co-dirigé un travail collectif consacré aux problèmes de la religion à l’épreuve de la modernité : Repenser la Religion (4 Tomes) (Iwanami-shoten, 2000).

 

Après le 11 septembre, il s’est attaché à analyser, basé sur ses travaux précédents, ce qui est La Guerre contre la Terreur(Tero tono senso toha nanika, Ibunsha, 2002, édition augumentée 2006), études historico-géo-politiques du « nouvel ordre mondial ».

Il prépare maintenant A la recherche de la Raison perdue (à paraître en 2009), travail inspiré par Pierre Legendre, dont il est principal traducteur depuis une dizaine d’années.

 

Par ailleurs, il continue de réfléchir sur les conditons de l’existence humaine dans l’ère de la « techno-science-économie ». Chargé du cours de l’histoire des idées médicales dans une faculté de la médecine à Tokyo depuis cinq ans, il essaie de retracer ce qui était la médecine, ce savoir pratique qui doit traiter un être vivant concret, en tant que tel. Il a choisi ce sujet pour son séjour à l’Institut d’Etudes Avancées à Nantes.

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