Bachir Souleymane Diagne

Bachir Souleymane Diagne

dates de séjour

01/05/2016 - 30/06/2016

discipline

Philosophie

fonction

Professeur

organisme

Columbia University (Etats-Unis)

pays d'origine

États-Unis
Sénégal

projet de recherche

De langue en langue : scènes de traduction

Le projet de recherche a pour finalité la rédaction d’un ouvrage reprenant un concept de traduction déjà développé. Le concept de traduction retenu doit être pris dans un sens assez large même si au cœur de la réflexion se trouvent bien entendu les langues dans leur pluralité.

L’étude s’attachera aux « scènes de traduction », qui sont autant de situations de rencontres entre cultures et entre langues. Un propos introductif sera consacré à la notion de « traduction radicale », développée par QUINE. Un premier chapitre s’intéressera aux interprètes en situation coloniale. L’interprète colonial n’est pas un traducteur mais un simple truchement car l’espace colonial interdit toute relation de réciprocité entre les langues. Il devient pleinement traducteur lorsqu’il est « écrivain », lorsqu’il traduit l’orateur en écriture. Un second chapitre sera consacré à des scènes de traduction liées à ce que l’on appelle la translatio studii (référence faite au transfert des savoirs du monde grec au monde latin puis chrétien). On insistera sur le fait que la translatio studii a aussi été un parcours allant d’Athènes à Tombouctou en passant par Bagdad, Cordoue et Fez. Ce sera l’occasion de réfléchir au devenir philosophique de la langue arabe, devenir qui concerne aussi les langues africaines. Dans la continuité de cette réflexion, l’étude sera consacrée aux questions théologico-philosophiques et aux aspects politiques de la traduction de « la Parole de Dieu » (notamment le Coran) dans les langues profanes.

Enfin, il s’agira de revenir sur une l’idée de « l’universel comme traduction ». Dans notre monde postcolonial l’universel est, d’après Merleau-Ponty, « latéral ». Or, selon nous, la réalisation de cet universel est justement la traduction. Ou pour reprendre l’expression de l’écrivain Kenyan Ngugi Wa Thiong’o, la langue des langues, c’est la traduction.

 

biographie

Souleymane Bachir Diagne a accompli ses études universitaires en France. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, il obtient son agrégation de philosophie en 1978. Il obtient en 1988 son Doctorat d’Etat en philosophie de l’Université Paris Sorbonne. Avant de rejoindre l’Université Columbia à New York en 2008, il enseigna durant de longues années la philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal, puis à l’Université Northwestern, Etats-Unis. Ses recherches relèvent de l’histoire de la logique, de l’histoire de la philosophie, de la philosophie islamique et africaine ainsi que de la littérature. Son livre Bergson postcolonial. L’élan vital dans la pensée de Senghor et de Mohamed Iqbal (Paris, édition du CNRS, 2011) a été couronné en 2011 par le prix Dagnan-Bouveret de l’Académie des sciences morales et politiques, ainsi que par le prix Edouard Glissant de l’Université Paris VIII. Son enseignement porte sur l’histoire de la philosophie moderne, la philosophie africaine, la philosophie française du XXe siècle, la littérautre et le souffisme dans le monde islamique.

Bibliographie sélective

2014. « Édouard Glissant : l’infinie passion de tramer », Littérature, n° 174, p. 88-91.

2013. L’encre des savants. Reflexions sur la philosophie en Afrique, Paris: Presence africaine et Codesria.

2013. Comment philosopher en Islam, Paris: Editions Philippe Rey.

2013. « On the Postcolonial and the Universal? », Rue Descartes, n° 78, p. 7-18.

2011. African Art as Philosophy. Senghor, Bergson, and the Idea of Negritude, Seagull, (trad. Ang.: Léopold Sédar Senghor: l’art africain comme philosophie, Paris: Riveneuve Editions, 2007.)

2011. « Philosopher en Afrique », Critique, n° 771-772, p. 611-612.

2009. « Individual, Community, and human Rights, a lesson from Kwasi Wiredu’s philosophy of personhood », Transition, an international Review, No. 101, pp. 8-15.

2003. « Islam et philosophie : leçons d’une rencontre », Diogène, n° 202, p. 145-151.

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