Ibrahima Thioub

Ibrahima Thioub

dates de séjour

01/04/2010 - 30/06/2010
01/04/2011 - 30/06/2011
01/10/2011 - 30/11/2011
01/10/2012 - 31/12/2012
01/04/2013 - 30/06/2013
01/10/2013 - 31/12/2013
01/04/2014 - 30/06/2014

discipline

Histoire

fonction

Professeur

organisme

Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal

pays d'origine

Sénégal

projet de recherche

Identités chromatiques en Afrique: histoires, héritages et actualité

Notre projet est un essai d’écriture de l’histoire de la réappropriation de l’identité chromatique - et de sa mobilisation dans des jeux de pouvoir contemporains - par l’intelligentsia africaine qui en a inversé la perspective et les conclusions, alors qu’elle a servi à légitimer les pires violences et dominations de leurs sociétés. Pour ce faire, nous étudions la généalogie intellectuelle des principaux courants constitutifs de ce large mouvement pour rendre compte de leur impact sur les savoirs produits en Afrique, en particulier sur l’écriture de l’histoire du continent. Il s’agit d’examiner la façon dont les catégories associées à des différences somatiques, phénotypiques, souvent perçues et qualifiées comme « raciales », ont affecté les constructions mémorielles en Afrique et l’écriture des sociétés africaines dans les sciences sociales. Les bases de cette réflexion sur l’impact des identités chromatiques dans l’écriture de l’histoire de l’Afrique ont été déjà posées (Thioub 2004 et 2008 a & b).

 

Il s’agira de procéder par une lecture critique des textes les plus significatifs du panafricanisme - Garvey, Firmin, Dubois - et de la Négritude pour établir leurs influences intellectuelles sur les œuvres des théoriciens du mouvement anticolonial en Afrique. Cette approche permettra de détecter les similitudes et les divergences dans les modalités de fonctionnement et les diverses déclinaisons du facteur chromatique dans la construction identitaire de l’Africain chez les uns et les autres. On s’intéressera également aux parcours politiques de ces derniers, académiques, « physiques » (circulations, lieux d’apprentissages et de sociabilités « intellectuelles », lieux d’expériences personnelles, etc.). Le travail portera également sur les contextes politiques et académiques d’élaboration des idéologies des indépendances et les héritages formant ces contextes en faisant attention à la différenciation qui s’opère entre les espaces impériaux (francophones, lusophones, belges et anglophones). Enfin, nous suivrons les trajectoires de ces théories : impact, réception, réactualisations (quels agents, dans quels contextes et à quelles fins ?). La mise en application de ces théories et leurs conséquences sur les savoirs de l’Afrique sur elle-même - en sciences sociales en particulier - seront largement explorées.

biographie

Professeur d’histoire à l’Université Cheikh Anta Diop (Dakar, Sénégal) depuis 1990 et résident associé de l’IEA de Nantes, Ibrahima Thioub est spécialiste de l’esclavage. Il a fondé à Dakar le Centre Africain de Recherches sur les Traites et l’Esclavage (CARTE) qu’il dirige actuellement. Ibrahima Thioub a été professeur invité à l’EHESS et dans plusieurs universités aux Etats-Unis, en Europe, en Asie (Népal, Inde, Sri Lanka) et dans de nombreux pays africains (Gambie, Sierra Leone, Afrique du sud). En 2008-2009 il a été chercheur-résident à Wissenschaftskolleg de Berlin et, depuis mars 2012, il est Docteur honoris causa de l’Université de Nantes. Ibrahima Thioub pose un regard critique sur les lectures africaines de l’esclavage et de la traite atlantique. Outre l’emploi des esclaves dans les activités économiques, il étudie leur rôle dans les relations sociales et leurs expressions juridiques dans les espaces privés et publics. Son étude s’inscrit dans une perspective historique en accordant une importance particulière aux mutations inscrites dans le temps de la ville et de son environnement. En 2008-2009, il est résident au Wissenschaftskolleg zu Berlin.

 

Cinq Publications récentes :
• « L’histoire vue d’Afrique. Enjeux et perspectives », in Jean-Pierre Chrétien et al. L’Afrique de Sarkozy. Un déni d’histoire, Paris, Karthala, 2008, pp. 155-180.
• « L’esclavage et les traites en Afrique occidentale : entre mémoires et histoires », in Adam Bâ Konaré, Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, Paris, La Découverte, 2008.
• (éd) Patrimoines et sources historiques en Afrique, Union académique internationale, UCAD, 2007, 179 p.
• « Savoirs interdits en contexte colonial : la politique culturelle de la France en Afrique de l’Ouest », Chanson-Jabeur, C. & Goerg, O. (éds), Mama Africa. Hommage à Catherine Coquery-Vidrovitch, Paris, L’Harmattan, 2005.
• « Circulation des armes à feu et diplomatie en Afrique de l’ouest à l’époque coloniale », Cahiers Histoire et Civilisation, n° 2, 2005.

événements

06/05/2013 - 18:00 - 20:00

institut