Ce projet entend aborder le phénomène de résistance “avant la lettre” apparu dans les territoires occupés d’Europe occidentale durant la Première Guerre mondiale. Pendant cette période, plusieurs milliers d’habitants de France et de Belgique ont développé réseaux de renseignements, lignes d’évasion, et services de presse ou de correspondance clandestins, mais pas de mouvements armées, contrairement à la Seconde Guerre mondiale. Une première approche se centrera sur le modus operandi des organisations clandestines, et leurs relations avec d’autres acteurs de la guerre secrète en cours (services secrets alliés, polices allemandes, opinions publiques, etc.). Le second point focal se penchera sur la dimension sociétale de cette résistance, analysant le tissu social de la guerre clandestine, les motivations et les valeurs de ses acteurs et l’impact de cet engagement sur leur vie propre comme sur la société elle-même. Croisant les problématiques de deux champs de la recherche historique (Résistance et Grande Guerre), ce projet se caractérise aussi par ses approches comparatives et « généalogiques », des racines du phénomène au 19e siècle à l’entre-deux-guerres et au conflit suivant.