Matteo Vincenzo D'Alfonso

Matteo Vincenzo D'Alfonso

dates de séjour

01/02/2011 - 31/10/2011

discipline

Philosophie

fonction

Maître de conférences

organisme

Département de Philosophie, université de Bologne (Italie)

pays d'origine

Italie

projet de recherche

La tradition moralistico-littéraire française dans la pensée d'Arthur Schopenhauer : anthropologie, morale, caractère

Arthur Schopenhauer a été l'un des philosophes allemands à s’être confronté de la manière la plus ouverte et dénuée de préjugés à la culture française, dont il appréciait tant la tradition métaphysique et scientifique, comme dans le cas de Malebranche et de Buffon, que la tradition moralistico-littéraire. Bien que l'importance de la tradition moraliste française pour sa réflexion pratique soit incontestable, et que ses influents élèves Rée et Nietzsche l'aient déjà diagnostiquée, la Schopenhauer-Forschung n'a à ce jour pratiquement pas traité cet aspect, de sorte que ce domaine de recherche prometteur reste encore inexploré.

 

La recherche ici envisagée vise tout particulièrement à examiner le rôle que son étude, aussi précoce qu'assidue, de la littérature moraliste française – de Montaigne à la Bruyère, de La Rochefoucauld à Chamfort, en passant par la réflexion morale d'Helvétius – a eu sur les trois aspects suivants de sa réflexion philosophique : l'indication de la contribution spécifique du philosophe à l’enquête anthropologique, la définition correcte de la finalité et de la méthode de l’activité du philosophe dans le cadre moral et enfin, la confirmation empirique de sa théorie du caractère individuel conçu comme différence spécifique de chaque individu.

 

À l'occasion de mon séjour à Paris auprès de l'IEA, mon intention est d'étudier les sources françaises qui ont été celles de Schopenhauer, afin de les mettre en relation avec des passages d'ouvrages et d’œuvres posthumes, soit qui y puisent directement, soit dont on peut supposer qu'elles servent de source d'inspiration à sa propre modalité de recherche et d'écriture.

 

Plus généralement, cette recherche a aussi pour but de vérifier, sur la base de l'éminent exemple d'un auteur tel que Schopenhauer, la mesure dans laquelle ces sources, que la tradition historiographique recule à compter parmi les traditions strictement philosophiques, sont en réalité essentielles au discours philosophique au sens propre du terme, s’il doit proposer une réflexion anthropologico-morale dotée d’une base empirique.

 

biographie

Né à Rome en 1969, il a étudié la philosophie à Milan et à Munich, où il a soutenu en 2002 une thèse portant sur la philosophie du dernier Fichte. À Munich, il a poursuivi ses recherches dans le cadre du projet HyperNietzsche (Ludwig-Maximilians-Universität) et de l'équipe travaillant à la publication des œuvres de J. G. Fichte (Bayerische Akademie der Wissenschaften).

 

Après avoir été boursier de la Humboldt-Stiftung, de 2006 à 2010, il a enseigné l'histoire de la philosophie à l'université de Bologne. Ses recherches portent sur la philosophie classique allemande et notamment sur Fichte, Schelling, Schopenhauer et Nietzsche. Il a traduit plusieurs oeuvres de Fichte en italien (La Doctrine de la Science, 1804 ; Faits de la Conscience, 1810-1811). Il a consacré un livre à la dernière philosophie de Fichte (Von Wissen zur Weisheit. Fichtes Wissenschaftslehre 1811, Rodopi, Amsterdam-New York 2005), et édité des notes inédites de Schopenhauer (Schopenhauers Kollegnachschriften der Metaphysik- und Psychologievorlesungen von E. G. Schulze, Göttingen, 1810-1811, Ergon, Würzburg 2008). Il vient de co-éditer un ouvrage collectif consacré aux usages politiques de la peur, Gouverner la peur, Olms, Hildesheim 2010.

institut

01/02/2011