“Bet-léhem” est le lieu de la naissance du Christ. Son étymologie est d’origine araméenne : “bet” signifiant “maison” et “léhem”, le “pain”. J’entends dépasser la notion strictement chrétienne et universaliser Bet-léhem comme expression d'un lieu symbolique pour la naissance mais surtout pour la re-naissance de tous les hommes. Au-delà d'un positionnement religieux, “Bet-léhem” est l'archétype de la maison, du lieu nourricier qui rassemble autour du foyer. Les populations immigrées, par les traumatismes provoqués par le déracinement de leurs origines et éventuellement par la difficulté d’arriver en Europe, sont à la recherche de repères permettant de se re-construire d'un point de vue personnel mais aussi comme individu appartenant à une nouvelle communauté. Le sens du projet artistique est de faire émerger par la parole et par une expression plastique la notion de séparation, de marge, de renaissance possible ou souhaitée, à la manière de rites de passage.
Le projet s'articule autour de six phases successives qui aboutissent à la construction d’abord symbolique puis matérielle d'une maison commune en pains où s’exprime l'idée de la renaissance. Au terme du projet, les personnes ayant participé à la fabrication de « la maison du pain » pourront être conviées, lors d’un événement de type performance publique, à traverser la « maison du pain », retrouvant ainsi une sorte de rite de “re-naissance”.