Aline Veillat

Aline Veillat

dates de séjour

12/09/2016 - 14/07/2017

discipline

Art

fonction

Artiste

organisme

Haute Ecole d'Art et de Design Genève

pays d'origine

Suisse

projet de recherche

Penser de bas en haut, quand le sol prend la parole

Ainsi la recherche que je propose de développer à l’IMéRA s’inscrit dans les champs Art et Science et de la question du Paysage (en Art), dans le contexte actuel du réchauffement climatique, de l’anthropocene et du risque sur la biodiversité. Le but est au terme de la résidence en collaboration notamment avec les chercheurs de l’INRA, l’IMBE et du Centre Norbert Elias, d’arriver à l’élaboration de projets artistiques qui questionneraient dans les champs précités, notre relation au sol comme système vivant et mettraient en avant son importance pour la vie sur terre.

S’il me semble essentiel d’approcher ces questions via la science du sol et de la biodiversité, il est fondamentale selon moi pour de telles questions de regarder du coté de l’anthropologie. En effet il est – pour mon travail – nécessaire d’élargir et de compléter la réflexion par cette interdisciplinarité afin de réfléchir à l’homme et à la part pratique et surtout symbolique de son rapport au monde.

Afin de réfléchir au sol et à son importance pour le vivant sur cette terre, je propose d’appréhender le sol par le vivant qui le constitue et s’y loge. Autrement dit, prendre le parti et le « point de vue » du sol comme élément vivant : car je vois là la possibilité d’une dimension symbolique et philosophique pour reconnecter l’homme au sol. En effet mon hypothèse de départ est que par une exploration de l’essence même du sol pour atteindre en quelque sorte son intérioté, je pourrai trouver des leviers permettant d’arriver à opérer un renversement de point de vue, c.à.d. de penser depuis le sol, depuis le point de vue des organismes vivants de la couche organique, mais aussi du plus profond de la composante minérale et des vides eux-mêmes pleins d’eau ou de gaz. Penser, regarder et écouter de bas en haut, du sol vivant vers l’homme.

Là vient s’inscrire ma seconde hypothèse qui est de s’appuyer sur la notion de Paysage partant de l’Art, mais envisagé comme écosystème et surtout comme ensemble de relations contingentes entre Humain et Non-Humain. En effet le paysage et le sol sont intrinsèquement liés : en portant mon attention sur ces « relations contingentes», partant toujours depuis le sol pour aller vers l’homme, semble un puissant catalyseur d’imaginaire qui permettra de distinguer des artefacts en vue d’une création artistique. La question du sol sera ainsi recontextualisée par les moyens de l’art par une transformation symbolique et métaphorique. L’oeuvre se situera clairement dans le champ de l’art mais, pour ce qui nous concerne, elle s’exprimera aux frontières des sciences naturelles et anthropologiques. L’oeuvre est toujours une nouvelle forme hybride.

En outre j’envisage cette résidence IMéRA transdisciplinaire comme une possibilité de rencontres et de dialogues entre disciplines et savoirs mais aussi entre personnes. C’est cette histoire de rencontres dans sa globalité qui aura une influence sur la création artistique.

biographie

Aline Veillat was born in the Réunion island, Indian Ocean, and grew up till her last teenage years in Rabat, Morocco. Later she lived in Paris, France and Lausanne, Switzerland and since many years she works as an artist and lives in Basel, Switzerland. She is as well an independent researcher and she currently takes part in the CCC seminar, HEAD Geneva University of Art and Design, Switzerland. She holds MA and PhD degrees in Aesthetic, Sciences and Technologies of Arts from Paris 8 University, France, and Post-Diploma in Digital Media from ECAL Lausanne Cantonal Art School, Switzerland.

institut

01/05/2007