Le projet de recherche s’articule autour de la question de l’écriture des humanités africaines. Il part du postulat de la diversité des modes d’approches du réel selon les civilisations et les époques, la pluralité des modes de connaissance, ainsi que la relativité gnoséologique et épistémologique. Il se propose de penser la pluralité des aventures de la pensée humaine en partant de l’idée de l’égalité de principe des différentes traditions de pensée et en prenant acte de leur incommensurabilité. Ceci conduit à envisager ces différentes traditions de pensée à partir de leurs horizons et des configurations du pensable qu’elles proposent, comme des aventures singulières de l’esprit qui se sont développées de manière parallèles et adjacentes, tributaires des cultures desquelles elles émanent. Penser ces questions en contexte africain appelle un déplacement épistémique. Il s’agit d’intégrer la complexité des formations sociales africaines et les assumer dans leur spécificité culturelle et historique. Ce qui nécessite un travail de déplacement à l’intérieur des champs des savoirs constitués et de reprise ; un acte de penser qui porte une attention particulière à son milieu archéologique et aux tendances réelles des sociétés qu’il appréhende. Mais de manière plus fondamentale, il s’agit d’accéder à une connaissance plus approfondie des sociétés et cultures africaines, parce que fondée sur leurs propres critères gnoséologiques. Pour cela, il est nécessaire de prendre en charge d’autres modes d’appréhension de la réalité que le savoir scientifique tel qu’il s’est constitué jusque-là. L’exploration de territoires peu abordés que sont les ontomythologies et les épistémogonies africaines, ouvre à une meilleure prise en charge de savoirs divers, ayant assuré la pérennité des sociétés africaines.