Eleonora Santin

Eleonora Santin

dates de séjour

01/09/2009 - 31/07/2010

discipline

Histoire

fonction

Chercheur

pays d'origine

Italie

projet de recherche

Culture littéraire en Thessalie d'après les sources épigraphiques

L’apport fondamental des sources épigraphiques pour une analyse détaillée et une évaluationglobale de la culture littéraire dans le cadre complexe et diversifié du monde grec ancien est une donnée acquise depuis longtemps et de plus en plus appréciée, comme en témoignent les très nombreux ouvrages qui traitent de ce thème et de tout ce que l'on rattache traditionnellement à « la culture des Muses », en se fondant sur les corpus épigraphiques ou les recueils thématiques d’inscriptions.

 

La Thessalie, vaste région du Nord de la Grèce, au moins en apparence, nous a laissé un très mince catalogue de noms de poètes, d’orateurs et de philosophes qui peuvent trouver leur place dans ce que l'on nomme « la grande littérature ». Cependant, de ce manque d’informations reçues de la tradition littéraire on ne peut pas inférer une faiblesse ou un défaut de culture et de goût pour les activités de l’esprit chez les Thessaliens. Les sources épigraphiques en effet, notamment des inscriptions récemment découvertes ou nombreux textes qui, déjà publiés, n’ont été jamais traités comme une série, nous tendent, si l'on y prête attention, à suggérer le contraire.

 

On se propose cette année d’exploiter les sources épigraphiques dont on dispose actuellement pour brosser un tableau aussi complet que possible de la culture littéraire de Thessalie telle qu’elle nous est accessible par les productions poétiques des anonymes et par la documentation concernant les professionnels qui oeuvraient dans le domaine de la paideia.

 

En mettant en évidence la richesse et la valeur significative de ces documents, on croit pouvoir arriver à la conclusion qu’il existait en Thessalie une culture littéraire bien diffusée – du moins par rapport à ce qu’on peut remarquer dans une civilisation où l’instruction reste, malgré tout et avec des nuances, toujours réservée à une élite - et qu’il y avait, parmi les gens alphabétisés, et plus encore parmi ceux qui se vantaient d’une bonne maîtrise des lettres, le désir de témoigner publiquement leurs connaissances. On cherchera à mettre en lumière les rapports qu'entretenaient ces groupes sociaux avec les modèles littéraires qui entraient dans leur cursus d’études ou qui faisaient partie d’un héritage oral naturellement acquis de la tradition.

 

On pense aussi pouvoir montrer, en particulier, mais pas exclusivement, grâce à la documentation épigraphique, que les nombreuses cités de cette région manifestaient un intérêt et une reconnaissance pour toux ceux qui pratiquaient (en particulier de façon « professionnelle », si l'on ose dire) la poésie, la philosophie et l’art oratoire. Cette attitude de bienveillance était parfois directement liée aux exigences de la propagande et de la vie politique de la cité.

biographie

Eleonora Santin est chercheur indépendant et professeur de lycée. Elle travaille en collaboration avec la Chaire d’Epigraphie Grecque des Université de Rome « La Sapienza » et de Bologne et avec l’UMR 5189 du CNRS (HiSoMA). Docteur en Histoire Ancienne depuis mai 2007, titulaire d’une thèse en épigraphie grecque soutenue à l’Université de Rome « La Sapienza », ses recherches portent sur la poésie épigraphique grecque, en particulier sur les épigrammes funéraires de Thessalie et les épigrammes signées par leurs auteurs de toute provenance dans le monde grec ancien.

 

Elle est l’auteur d’une monographie Autori di epigrammi sepolcrali greci su pietra. Firme di poeti occasionali e professionisti (in Atti della Accademia Nazionale dei Lincei. Memorie della Classe di Scienze Morali, Storiche e Filologiche, Roma, Bardi Editore) et de quelques articles concernant la poésie épigraphique grecque.

publications

Laurence Foschia, Eleonora Santin
06/01/2010

institut

01/12/2006