Barbara Carnevali

Barbara Carnevali

dates de séjour

01/09/2011 - 31/12/2011

discipline

Philosophie

fonction

Chercheur

organisme

Université de Piémont

pays d'origine

Italie

projet de recherche

Rousseau et les moralistes

La tradition moraliste a exercé une influence déterminante sur le système des idées et sur le style de Rousseau, en informant les thèmes de sa réflexion sur l’homme, son vocabulaire psychologique, sa sensibilité analytique. En général, c’est en réélaborant l’héritage de la tradition moraliste que Rousseau semble avoir accédé aux deux principes fondamentaux de sa vision de l’homme – l’anthropologie de la reconnaissance et des passions sociales, et la conception spectaculaire de la société.

 

Les thèses et les thèmes développés dans Romantisme et reconnaissance, le livre issu de ma thèse de doctorat, ne me permettaient pas d’approfondir davantage ces intuitions interprétatives ; je souhaiterais le faire à présent en leur consacrant une recherche spécifique, permettant de rendre compte de manière plus systématique de la dette contractée par Rousseau envers Montaigne, Charron, Pascal, Nicole, La Rochefoucauld, La Bruyère et Vauvenargues. Une telle enquête paraît d’autant plus nécessaire qu’en dépit de l’importance des enjeux qu’elle soulève, tant historiques, philosophiques que littéraires, on ne dispose pas d’études récentes et pleinement satisfaisantes sur le sujet.

 

Le questionnement s’organise autour du thème de l’amour-propre. Promis à une vaste fortune historique – tous les auteurs que j’ai retenus consacrent à la question de l’amour-propre une partie très importante de leur réflexion – ce thème permet d’aborder tous les enjeux que comporte la réflexion moraliste sur l’homme, ainsi que de faire apparaître les éléments de rupture et de continuité qui définissent la position de Rousseau au sein de la tradition classique

biographie

Après des études de philosophie à l’Ecole normale supérieure de Pise, elle a soutenu une thèse sur Rousseau sous la direction de Remo Bodei (2001). Elle a poursuivi sa formation à l’université de Chicago (Fulbright Scholar 2003-2004) et à l’université Paris-Sorbonne (post-doctorat 2006-2008).

 

Elle a enseigné l’histoire de la philosophie moderne et contemporaine à l’université du Piémont, et est actuellement chargée de conférences complémentaires à l’École des hautes études en sciences sociales. Membre du Centre de recherche sur les relations entre littérature, philosophie et morale de l'Ecole normale supérieure, elle est également rédactrice de la revue de philosophie Iride. Filosofia e discussione pubblica.

 

Ses recherches portent sur la philosophie sociale (esthétique sociale et culture des apparences, théorie de la reconnaissance et du pouvoir symbolique), sur l’anthropologie des passions comparatives (amour-propre, vanité, envie, honneur, gloire, distinction…), et sur les rapports entre littérature et philosophie, dans une perspective aussi bien généalogique que théorique.

 

Elle a publié Romanticismo e riconoscimento. Figure della coscienza in Rousseau, Bologne, Il Mulino, 2004, traduction française Romantisme et reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau, Genève, Droz, 2011 (sous presse), une traduction commentée du Contrat social de Rousseau et des articles sur l’histoire et la théorie de la reconnaissance, Hobbes, la tradition moraliste, Proust, René Girard, Pierre Hadot. Elle prépare un livre sur la théorie du prestige et du snobisme.

institut

01/02/2011