Filippo Domenicali

Filippo Domenicali

dates de séjour

14/09/2015 - 13/07/2016

discipline

Philosophie

fonction

Assistant de recherche

organisme

Université de Ferrare, Italie

pays d'origine

Italie

projet de recherche

L'instauration philosophique d'Etienne Souriau. Les années lyonnaises (1929-1941)

L’instauration philosophique d’Étienne Souriau. Les années lyonnaises (1929 ‐ 1941) Étienne Souriau a enseigné à la faculté des Lettres de l’Université de Lyon de 1929 à 1941. Il était titulaire de trois chaires : psychologie, philosophie générale et esthétique. À Lyon, Souriau a participé très activement à la vie culturelle de la ville. Il a été notamment président de la Société locale de philosophie. Il a quitté la faculté des Lettres pour la Sorbonne en 1941. On a pu soutenir que « les années lyonnaises d’Étienne Souriau ont été parmi les plus rayonnantes de son enseignement » (FLORENNE 1980, 289). Il y a fait des travaux importants. Outre les nombreux articles publiés dans des revues de philosophie, d’art ou d’esthétique, il a publié deux ouvrages de philosophie pure qui demeurent fondamentaux pour comprendre sa conception de la discipline: Avoir une âme («Annales de l’Université de Lyon», 1938) et ce livre majeur qu’est L’instauration philosophique (Paris, Alcan, 1939), dont je compte étudier la genèse. Comme a soutenu D. Lapoujade, « Toute la pensée de Souriau est une philosophie de l’art, et ne veut être rien d’autre » (LAPOUJADE 2011, 167). Toutefois, il conviendrait d’approfondir l’analogie instituée par Souriau entre « œuvre » d’art et « œuvre » de philosophie. Selon lui, en effet, les doctrines philosophiques sont aussi des œuvres, et la pensée philosophique doit être conçue comme une pensée instaurative. On pourrait donc étudier les systèmes philosophiques d’une façon comparative comme autant d’«œuvres» de pensée, dont chacune relève d’un processus instauratif ‒  c’est ‐ à ‐ dire d’un processus d’opérations créatrices, constructrices, ordonnatrices ou évolutives, qui conduit à la position d’un être dans sa « patuité ». L’œuvre philosophique doit être conçue comme un « monument » d’idées exprimées en un système architectonique, un corps de textes articulés en une structure hiérarchisée (le « philosophème ») qu’on peut étudier d’une façon positive. Il s’agit donc d’une voie esthétique à l’objectivité des systèmes philosophiques, voie par laquelle Souriau définit une théorie générale des lois architectoniques valables pour toute instauration philosophique (loi du point de vue, d’opposition significative, de médiation, d’évasion dynamique, des redoublements, etc.) Pendant ses leçons de philosophie générale tenues à la faculté des Lettres de l’Université de Lyon, Souriau a mis à l’épreuve une méthode positive pour étudier le « plérôme des philosophèmes » à partir de leur «dialectique thétique» intrinsèque. L’originalité de cet essai théorique réside dans le fait qu’il échappe aux courants philosophiques dominateurs de son temps (il n’appartient, en effet, ni au bergsonisme ni à la phénoménologie, dont il critique la méthode) en définissant une voie originelle à l’ontologie et à la théorie des systèmes philosophiques. La redécouverte de la métaphysique souralienne, enfin, ne doit pas être entendue comme une étude un peu « muséale » de la pensée d’un théoricien oublié de la philosophie : il s’agit, au contraire, d’un travail qui s’inscrit dans les l’actualité philosophique et dans les débats en cours.  

biographie

Docteur de recherche en Philosophie à l'Université de Ferrare (Italie), je consacre mes recherches à la philosophie française contemporaine. J’ai d’abord étudié l’œuvre de Michel Foucault (auquel j’ai consacré mes deux thèses – de diplôme et de doctorat–, ainsi que plusieurs articles). Ensuite, j’ai mené à terme une enquête sur la métaphysique du sociologue Gabriel Tarde (1843 ‐ 1904), dont j’ai traduit et introduit en italien quatre ouvrages. Dans les deux cas, mon travail a été accompagné d’une recherche en archives (pour Foucault : séjour à l’IMEC, Caen; pour Tarde : séjour aux Archives G. Tarde, Paris). Actuellement, je suis en train de publier en italien l'édition du livre d'Etienne Souriau sur Les différents modes d’existence (éd. orig. PUF, 1943), auteur sur lequel j'ai en préparation une monographie.  

institut

01/12/2006