José Emilio Burucua

José Emilio Burucua

dates de séjour

01/10/2015 - 30/06/2016
01/10/2017 - 31/12/2017

discipline

Histoire

fonction

Professeur

organisme

Université nationale de San Martin

pays d'origine

Argentine

projet de recherche

Une traduction du Baldus en langue macaronique-hispanique contemporaine, érudite et populaire

Projet 2017-2018 :

Deux livres posthumes d’Italo Calvino (Lezioni americane : sei proposte per il prossimo millennio, 1988 ; Perché leggere i classici, 1991) nous rassurent sur l’intérêt et la validité que pourrait avoir la tentative de construction d’une histoire esthétique de six idées utiles pour le xxie siècle, à savoir : humanité, finitude, beauté, vérité, pardon, espoir. Il s’agirait d’inscrire l’évolution de chaque idée à partir des objets esthétiques —les images produites par la peinture, la photographie ou le cinéma, les sons de la musique, les sons et les significations de la poésie— dans le cadre des cultures occidentales, mais sans écarter la possibilité d’explorer d’autres horizons de civilisation, comme les indostaniques et les africains étant donnée la présence de collègues spécialistes de ces domaines à l’IEA. Pour chaque idée, on a choisi (mais cela pourra évoluer au fur et à mesure des progrès du projet) un champ déterminé de la production esthétique : les images pour l’humanité et la vérité, la poésie pour la finitude et le pardon, la musique pour la beauté et l’espoir. Premiers buts à accomplir : faire, en trois ans, des expositions sur trois idées parmi les six choisies et recevoir les critiques, les coïncidences ou les réfutations que les collègues auront pu extraire de leurs propres champs d’études, i.e., la théorie et la pratique sociologique, l’anthropologie, les systèmes philosophiques et les branches anciennes et nouvelles de l’historiographie

 

Projet 2015-2016 :

La langue et la poésie macaronique sont des phénomènes caractéristiques de la crise sociale et culturelle qui traversa la Renaissance en Europe, ainsi que d’un certain épuisement des possibilités expressives du latin. Renouvelé par les humanistes depuis le XIVe siècle, le latin conservait encore le caractère de lingua franca parmi les personnes cultivées autour des années 1520-1530. Mais il ne permettait que difficilement la transmission des expériences de vie radicalement neuves sur le plan de la religion, de la politique et de la connaissance, qui ébranlaient la société de l’Ancien Monde. Je crois que la traduction du Baldus, chef-d’œuvre du genre macaronique, en macaronique hispanique de notre temps pourrait aider à mieux comprendre les traits spécifiques de notre crise de civilisation. Le travail consistant à traduire un texte comme le Baldus implique la création d’un discours fondé sur la structure morphologique d’une langue morte et assez oubliée aujourd’hui par les propres savants, mais qui soit construite à l’aide de mots tirés des divers espagnols contemporains, parlés depuis la péninsule ibérique et le Mexique jusqu’à la Terre de Feu. Le recours aux argots des pays hispaniques serait aussi un instrument précieux au moment de produire et de situer un texte entre littérature et histoire, entre écriture fantastique et vérité philologique, entre la Babel du présent et l’érudition du passé.

biographie

Né à Buenos Aires en 1946, José Emilio Burucua a fait des études en histoire de l’art et en histoire des sciences sous la direction d’Hector Schenone, de Carlo Del Bravo et de Paolo Rossi. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université de Buenos Aires qu’il a obtenu en 1985. Il fut professeur titulaire d’histoire moderne dans cette même Université de 1986 à 2004. Aujourd’hui, il est professeur titulaire spécialiste des problèmes d’histoire culturelle à l’Université Nationale de San Martín.

Il a été directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris en 1999, 2000 et 2005. Il a également été visiting scholar à l’Institut Getty (Los Angeles, Californie) en 2006, Gastwissenschaftler au Kunst-historisches Institut à Florence en 2007, ainsi que fellow au Wissenschaftskolleg zu Berlin en 2012-2013 et à l’IEA de Nantes 2015-2016. Invité au Collège de France en 2009 et en 2013, il y donne une série de conférences. Il est également membre titulaire de l’Académie Nationale de Beaux-Arts en Argentine, et directeur de la revue Eadem Utraque Europa, publiée par le Centre d’histoire culturelle et intellectuelle "Edith Stein" de l’Université Nationale de San Martí. Depuis le 8 novembre 2016, il est également membre de l’Académie Nationale d’Histoire (Argentine).

Bibliographie sélective

Livres

2014. “Cómo sucedieron estas cosas”. Representar masacres y genocidios. En collaboration avec Nicolás Kwiatkowski, Buenos Aires, Katz, 2014.

2013. El mito de Ulises en el mundo moderno. Buenos Aires, Eudeba, Prix National d’Essai 2010-2014.

2011. Enciclopedia B-S. Un experimento de historiografía satírica. Cáceres (España), Periférica.

2011. Historia de la Caricatura. En collaboration avec Nicolás Kwiatkowski, Francis Grose, Buenos Aires, Katz.

2003. Historia, arte, cultura. De Aby Warburg, a Carlo Ginzburg, Buenos Aires, Fondo de Cultura Económica.

Article

2014. “The Absent Double: Representations of the Disappeared”. En collaboration avec Nicolás Kwiatkowski, New Left Review, nº 87, pp. 97-113.

institut