L’Inde et le monde émergent

date

Mardi 12 Mars 2013, 18h00 - 20h00

adresse

Amphithéâtre Simone Weil, IEA de Nantes, 5 allée Jacques Berque, 44000 Nantes

L’Inde et le monde émergent

Alors que nous nous dirigeons vers le 21siècle, le modèle politique et économique qui a servi de matrice pour l’ordre mondial dans la période de l’après-guerre est en train de subir des transformations.

 

L’horloge recule. Avant l’arrivée de la dominance coloniale et impériale, l’Inde était leader et pionnière dans plusieurs domaines. Au moment de la création de la Compagnie des Indes orientales, l’Inde représentait 22,5% du PIB mondial tandis que la Grande-Bretagne seulement 1,8%. Quand les britanniques quittèrent le pays, après presque deux cents ans de régime colonial, c’était l’inverse ! Aujourd’hui, le PIB de l’Inde se retrouve parmi les dix premiers mondiaux et se voit devenir comme le troisième plus grand au cours des vingt prochaines années. Cela contribue au redressement de l’économie mondiale. Ne serait-il pas raisonnable de penser que les colonisés et les exploités puissent à nouveau occuper leur place sous le soleil, comme le dit l’expression, et jouer un rôle dans l’établissement de règles et standards globaux s’ils deviennent, une fois de plus, des économies de premier plan ? D’un point de vue politique, «  le printemps arabe » et « les révolutions de couleur » ont démontré la faiblesse des structures et procédures politiques que le peuple ne cautionne pas. Cela a fait ressortir les limites des régimes non représentatifs et peu sensibles aux aspirations légitimes du peuple. La démocratie a permis à l’Inde -une société multi-ethnique, multiculturelle, multi-religieuse, multilingue et pluraliste- de conserver une unité politique, économique et sociale.

 

C’est probablement dans la reconnaissance de nouvelles réalités que l’on parle de déplacement du centre de gravité des affaires internationales de l’Atlantique aux océans pacifique et indien. Cela pourrait être considéré comme un corollaire naturel du déplacement démographique. On estime que d’ici 2025, les deux tiers de la population mondiale habiteront en Asie. L’Inde et la Chine comptent déjà les deux cinquième de cette population. Les économies asiatiques  (la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam et autres) ont bien réussi et représentent un potentiel de croissance future. Les problèmes certes subsistent, mais en Asie - comme dans les principales régions émergentes - le monde semble bien différent : un monde de défis mais également un monde de « dynamisme résilient » comme l’a récemment formulé Christine Lagarde, la Directrice générale du FMI.

 

Si effectivement, il se produit un tel déplacement en conséquence de la montée d’économies émergentes, nous devrions anticiper pour le futur que l’Inde (et les pays émergents) envisage pour elle-même au niveau régional et mondial.»

 

TCA Rangachari

Au cours d’une longue carrière (36 ans) aux Services Etrangers Indiens, T.C.A. Rangachari a officié dans divers postes à travers les continents. Ayant débuté sa carrière à Hong Kong, il a ensuite déménagé à Pékin dans les années 70 lors de la révolution culturelle et a continué au sein de la Mission Permanente d’Inde auprès de l’ONU à New York, travaillant dans plusieurs comités et ONG, tels que les droits de l’homme, et représentant l’Inde dans les conseils d’administration du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), du FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) et d’UNICEF.

Il a été Ambassadeur d’Inde en Algérie, en Allemagne et en France ainsi que Haut Commissaire Adjoint pendant cinq ans au Pakistan.

Il a occupé diverses fonctions au Ministère des Affaires Externes et des Finances du Gouvernement d’Inde à New Delhi, notamment au sein de la Division de l’Asie de l’Est, de la Division de l’ONU et de la Division ‘External Publicity’ et il a également été Président du Bureau des Passeports du Gouvernement Indien.

TCA Rangachari est titulaire d’un Master en Histoire de ‘Hindu College’ de l’Université de Delhi. Il parle l’anglais, l’hindi, le tamil, le chinois et le français. Il est membre du Comité Exécutif du think-tank indien ‘Institute for Defence Studies and Analysis’, à New Delhi. Il a officié en tant qu’expert externe au Département des Etudes de l’Asie de l’Est, à l’Université Jawaharlal Nehru à New Delhi. Il est l’un des directeurs fondateurs de la ‘Fight Hunger Foundation’ en Inde (ONG affiliée Action Contre la Faim). Aujourd’hui, il est le Directeur de l’Académie des Etudes Internationales de l’Université Jamia Milllia Islamia à New Delhi.

fellows

Sciences politiques
25/01/2013 - 31/03/2013

institut