CYCLE - Gouvernance, transition politique et transformations structurelles en Afrique du Nord #1 - Ahmed MAHIOU

date

Mardi 20 Septembre 2016, 10h00
CYCLE - Gouvernance, transition politique et transformations structurelles en Afrique du Nord #1 - Ahmed MAHIOU

CYCLE - Gouvernance, transition politique et transformations structurelles en Afrique du Nord #1 - Ahmed MAHIOU

 

CYCLE DE CONFERENCES organisé en partenariat par l'IMéRA, AMSE et la Villa Méditerranée, en collaboration avec la Commission Économique pour l'Afrique des Nations-unies.

 

Lieu : Villa Méditerranée, Marseille - ENTREE LIBRE - sur réservation - billetterie@villa-mediterranee.org

 

Premières dates :

Mardi 20 septembre 2016, 19h, Villa Méditerranée

Ahmed Mahiou, Ancien doyen de la Faculté de droit d’Alger, ancien directeur de l’Institut d’études et de recherches sur le monde arabe et musulman (Aix en Provence).

 

Le Monde arabe face à la mondialisation

Le monde arabe est entré dans la mondialisation avec les croisades, puis la colonisation, ensuite la décolonisation et, enfin, la mondialisation actuelle dont il a une perception particulière.La mondialisation pourrait être perçue comme une menace, directe ou indirecte, à la spécificité du monde arabe, se cristallisant autour d’éléments tels que sa perception culturelle, sa perception économique et sa perception politique.

 

Les effets de la mondialisation culturelle vont-ils affecter les particularismes dont le monde arabe se prévaut ? Quels points de conciliation trouver entre modernité et tradition, entre universalité et identité ? Une question ancienne rendue critique avec l’émergence salafiste. C’est ce débat qui remue actuellement le monde arabe et musulman, celui de savoir si l’islam est compatible avec les valeurs universelles et comment articuler les relations entre la société arabe et la société internationale. Ahmed Mahiou donne des exemples d’ échanges historiques (route de la soie, des épices), et récents (pétrole, gaz), il évoque les efforts des pays arabes pour transformer ces rentes énergétiques en levier de développement, il décrit les différentes crises et blocages qui ont jusqu’à aujourd’hui empêché une véritable stratégie d’intégration régionale et d’insertion coordonnée dans la mondialisation, enfin il propose une mise en perspective des perceptions politiques (démocratie, printemps arabe, État de droit) bouleversées par la fragile étincelle démocratique née sous le signe d’une immolation et de la « révolte du jasmin » dans une petite ville de Tunisie…

 

 
Mardi 22 novembre 2016, 19h, Villa Méditerranée

Raouf Boucekkine, directeur de l'IMéRA, économiste, Aix-Marseille Université, GREQAM :

Algérie, rente pétrolière et réformes structurelles

 

Le cycle "Gouvernance, transition politique et transformations structurelles en Afrique du Nord"

 

Après plus de quatre décennies d’apparente stabilité, les régimes arabes, que ce soit au nord de l’Afrique ou dans la péninsule arabique, ont été fortement secoués par une vague sans précédent de protestations populaires, une déferlante née au creux de l’ouest tunisien déshérité en janvier 2011 et qui a, en cascade, pour le moins remis en question les équilibres politico-économiques en place de Rabat à Manama. Cinq ans plus tard, la transition politique vers des démocraties stables que beaucoup d’observateurs entrevoyaient avec un optimisme béat s’enlise. Dans les pays où les dictatures en place ont été abattues (Tunisie, Egypte ou Libye), une mouvance d’obédience islamique, parfois même islamiste sectaire (Daesh en Libye par exemple), s’est installée si ce n’est au pouvoir, du moins comme force politique influente, jetant de ce fait ces pays dans une période d’incertitude ponctuée par des coups d’Etat comme en Egypte avec la retour de la junte militaire aux manettes et des Frères Musulmans en prison, une alternance et l’émergence d’une configuration de l’islam politique d’apparence inédite en Tunisie et un chaos politico-militaire persistant en Libye sur fond de violence sectaire et tribale. Les régimes toujours en place (Algérie, Maroc ou Syrie par exemple) sont soumis  à de fortes turbulences socio-politico-économiques, quand ce n’est pas à la guerre civile internationalisée dans le cas de la Syrie, qui les place dans une situation de vulnérabilité extrême. On est très loin de la transition accomplie et de la convergence à des équilibres politico-économiques stables !

 

Dans ce contexte d’incertitude qui ouvre tellement de pistes de réflexion intéressantes, voir fascinantes, l’IMéRA et AMSE proposent une série de conférences en collaboration avec la Villa Méditerranée. L’analyse économique standard résumant la dynamique institutionnelle à un jeu dynamique entre une élite maniant tour à tour le bâton et la carotte, et une population jaugeant l’opportunité ou non de se révolter à travers une action collective forcément coûteuse, ne peut capturer la finesse et les multiples dimensions des événements en cours au Sud de la Méditerranée. Ce cycle de conférences sur Gouvernance, Transition Politique et Transformations Structurelles en Afrique du Nord,  a pour ambition principale de proposer des cadres de réflexion qui collent au plus près aux réalités socio-économiques, politiques et culturelles des pays de la rive Sud de la Méditerranée, en mobilisant à la fois les approches de la science économique, de la science politique et de la sociologie politique. 

institut