Edith Kauffer

Edith Kauffer
pas labex
pas Eurias

dates de séjour

01/09/2020 - 30/06/2021

discipline

Sciences politiques

Fonction d’origine

Professeur

Institution d’origine

Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social (Mexique)

pays d'origine

Mexique

projet de recherche

Les sédiments du bassin transfrontalier du fleuve Usumacinta : analyse politique d’une ressource naturelle et économique

Étudiés prioritairement en ingénierie, géomorphologie, hydrologie et diverses sous disciplines de la biologie, les sédiments ont fait récemment l’objet de travaux qui permettent de mettre en évidence leur pertinence pour les sciences humaines et sociales (SHS) alors qu’elles présentent un corpus bibliographique extrêmement limité dans ces domaines.
Le projet de recherche s’intéresse à l’analyse des dimensions politiques des sédiments du bassin du versant transfrontalier de l’Usumacinta partagé entre le Mexique et le Guatemala, en premier lieu comme une ressource naturelle perçue comme un élément inépuisable de l'écosystème aquatique par les populations locales. En second lieu, les sédiments constituent une ressource économique puisque la législation et les différents acteurs en relation avec leur gestion les dénomment "matériaux pierreux ou de construction" ou bien ont recours à des notions locales, le terme de sédiment étant pratiquement inconnu.
L’étude repose sur la réalisation préalable d’entretiens semi-structurés avec différents acteurs, l’observation des activités sur les rives et les cours d’eau et la révision de sources historiques et juridiques dans la partie mexicaine du bassin. Ainsi, des sources à la fois primaires et secondaires seront utilisées.
La notion de “politique” permettra d’explorer, d’une part, les conflits autour de l’extraction des sédiments – sable, graviers, galets, limon –, les relations entre le cadre juridique formel et les pratiques locales qui présentent une extrême complexité et les divers systèmes de régulation. Elle facilitera, d’autre part, la compréhension du rôle de certains acteurs politiques locaux dans les activités d’extraction, des relations entre les gouvernements et les populations locales, des interactions entre les organisations constituées et des politiques publiques. Elle apportera également quelques éléments sur la situation des sédiments dans la partie où le fleuve Usumacinta forme la frontière entre le Mexique et le Guatemala.

biographie

Edith Kauffer est professeure et chercheuse senior au Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social (Centre de recherches et d’études supérieures en anthropologie sociale) (CIESAS) à San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, dans le Sud du Mexique.
Politologue, elle a d’abord travaillé sur les mouvements de réfugiés en Amérique centrale et au Sud du Mexique dans l’optique d’une analyse des politiques publiques et de l’étude d’un projet politique de retour auprès des guatémaltèques entre 1991 et 2002. Elle s’est tournée ensuite vers le thème de l’eau depuis 2003, abordé à partir de multiples dimensions politiques : politiques de l’eau, eaux et frontières, bassins versants transfrontaliers, conflits et coopération, genre et eau, eau et pouvoir. Son expérience l’a menée vers des terrains divers, principalement en Amérique centrale, au Mexique et en Méditerranée, mais aussi en Afrique occidentale, en d’Amérique du Sud et du Nord et en Europe. Elle a participé à des formations de membres d’organisations sociales et civiles et de fonctionnaires municipaux, des états fédérés, des gouvernements nationaux et d’organisations internationales de différents pays d’Amérique latine sur les thèmes de l’eau, du changement climatique, du genre et des réfugiés.

Travaillant depuis toujours avec des collègues de diverses disciplines des SHS mais aussi des biologistes et ingénieur/es, son approche privilégie le dialogue interdisciplinaire et la collaboration avec les acteurs. Dans ce cadre, elle a intégré récemment un projet binational, interinstitutionnel entre le Mexique et la France dans le cadre duquel s’inscrit son séjour lyonnais.