Esha Shah

Esha Shah
pas labex
pas Eurias

dates de séjour

01/10/2017 - 30/06/2018

discipline

Sciences de la terre, de l’environnement et du climat

Fonction d’origine

Chercheuse

Institution d’origine

Université de Wageningen (Pays-Bas)

pays d'origine

Inde

projet de recherche

Le Moi et le Politique. Histoire du mouvement social contre la construction des grands barrages

Au cours des trois dernières décennies, le mouvement social contre la construction d’un grand barrage sur la rivière Narmada en Inde, a puissamment mis en cause le concept de développement adopté après l’indépendance. Ce mouvement est dans l’histoire récente de l’Inde probablement l’un des plus importants mouvements de contestation des idées politiques et sociales. Le projet vise l’écriture d’une histoire de ce mouvement social à travers le prisme de la subjectivité des femmes, intellectuelles et activistes, qui se sont les premières engagées dans cette lutte. L’histoire de ce mouvement social mettra au premier plan la constitution de ces citoyennes militantes en « sujets agissant » qui apportent leur force, leur savoir et leur enthousiasme à ce mouvement, conduisant ainsi à infléchir significativement les politiques de construction des grands barrages, non seulement en Inde, mais également à l’échelle internationale. La méthode d’analyse adoptée dans la recherche est celle d’une enquête généalogique — une histoire critique du présent. Elle permettra d’interpréter de manière réflexive les processus, les événements et les idées qui sous-tendent les pratiques dissidentes, et elle mettra en lumière comment les pratiques et les acteurs institutionnels à la base du mouvement social ont émergé des luttes, des conflits et des alliances, ainsi que des contradictions qui impliquent les sujets agissant dans leurs dimensions intrapsychique et intersubjective.

biographie

Esha Shah a d’abord reçu une formation d’ingénieur, avant de se tourner par choix professionnel et par autoapprentissage vers l’anthropologie et l’histoire des sciences et des techniques. Après un doctorat obtenu à l’Université de Wageningen, Pays-Bas, elle a mené des recherches en histoire et en anthropologie des techniques en Inde sur la fracture entre modernité et démocratie. Plus récemment, elle a entrepris des recherches sur comment la subjectivité humaine se rapporte à différents modes de rationalité, notamment à l’objectivité scientifique. Elle a occupé des postes d’enseignante et de chercheuse à l’Institute of Social and Economic Change (ISEC) de Bangalore, à l’Institute of Development Studies (IDS) de l’Université du Sussex, Royaume-uni, et à la Faculté des arts et des sciences sociales de l’Université de Maastricht, Pays-Bas. Résidente entre 2013 et 2015 à l’Institut indien d’études avancées à Simla, elle travaille à la rédaction d’une monographie ayant pour objectif de fournir une réinterprétation de l’histoire du réductionnisme en génétique au cours du vingtième siècle, sous l’angle subjectif de biographies des pionniers de la discipline. En janvier 2017, elle rejoint, en tant que professeur assistant, la Faculté des sciences environnementales de l’Université de Wageningen, Pays-Bas.