IEA de Nantes
5, Allée Jacques Berque - BP 12105
44021Nantes Cedex 1
FRANCE
présentation
Comme tous les Instituts d’Études Avancées, celui de Nantes a pour mission première d’aider des chercheurs dont la créativité intellectuelle est reconnue, à mener à bien des projets innovants. Toutes les candidatures répondant à ces critères sont donc les bienvenues, sans exclusive thématique ou disciplinaire.
L’ambition particulière de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes est de contribuer à ouvrir l’étude et la connaissance de l’humain à d’autres points de vue que celui de l’Occident. Au lieu de considérer les autres grandes civilisations comme des objets d’étude ou comme des terres de mission, il s’agit de créer un nouveau style de relations intellectuelles entre pays du "nord" et du "sud". Les pays dits « développés » (i.e. très approximativement ceux de l’Amérique du Nord, de l’Europe, de l’Australie et du Japon) ont jusqu’à une date récente dominé la scène des sciences sociales et considéré « le reste » du monde (où vit aujourd’hui plus de 85% de la population mondiale) plus comme des terrains d’observation ou des élèves que comme de véritables partenaires. Aujourd’hui encore une proportion écrasante des chercheurs invités dans les colloques ou les universités du « Nord » sont issus des universités du nord, les chercheurs du sud ne se trouvant conviés de façon significative que dans le cadre des travaux des aires culturelles (area studies). Cette tendance fait courir aux sciences sociales le risque de s’enfermer dans des boucles autoréférentielles et dans la croyance illusoire que leurs catégories de pensée sont universelles et intemporelles.
Bien sûr, cela n’a pas empêché quelques savants improgrammables (par exemple des hommes comme Jacques Berque ou Marcel Griaule) de ne pas œuvrer dans ce sens, mais telle était et telle demeure l’orientation générale. Tout au plus admet-on aujourd’hui qu’il existe dans ces autres cultures des « ressources » esthétiques ou philosophiques qu’il serait possible de s’approprier comme on le fait des ressources minières ou botaniques, ou bien qu’il faudrait protéger de la disparition en les muséographiant.
La démarche de l’IEA de Nantes est différente. Elle suppose que la petite communauté scientifique réunie chaque année au sein de l’institut soit composée de savants dont le bagage intellectuel et culturel soit très différent, mais qui partagent le même type de perplexité et dont les projets aient suffisamment de points de contacts. En revanche il n’est nullement exigé des résidents que leur projet de recherche ait en lui-même une dimension « nord-sud ». Exemple tiré de notre première promotion de résidents : un historien européen travaillant sur l’Europe y est le bienvenu, qui a considéré pouvoir mieux comprendre l’Europe en travaillant au côté de collègues du sud qui ont sur elle un regard extérieur.
Vivant et travaillant sous le même toit pendant plusieurs mois, les résidents de l’Institut peuvent confronter la manière dont ils perçoivent des questions qui, avec le processus de globalisation, se posent désormais à tous. Rompant avec l’unilatéralisme dominant, qui veut que les chercheurs du Sud se mettent à l’école de ceux du Nord, cet Institut aspire à devenir un lieu d’apprentissage mutuel et une pépinière de liens et de collaborations durables entre intellectuels de tous continents.
organisation
L’Institut d’Etudes Avancées de Nantes est une fondation reconnue d’utilité publique. Le Conseil d’administration détermine la politique de l’Institut et nomme le Directeur. Le Directeur consulte le Conseil scientifique pour la politique d’invitation de l’institut ainsi que pour les grandes thématiques de recherche. L’équipe de direction s’appuie aussi sur un réseau de correspondants pour solliciter et expertiser les candidatures. Elle met en oeuvre les décisions de politique scientifique et veille à l’accueil des résidents.
Le Conseil d’administration de la fondation comprend les membres fondateurs, des membres de droit et six personnalités qualifiées. Il détermine la politique de l’institut et a nommé Alain Supiot dans les fonctions de directeur.
Le conseil d’administration est composé des :
Conseil d’administration
Membres fondateurs :
- Patrick Rimbert, Maire de Nantes, Vice-Président délégué de Nantes Métropole, Président du CA de la Fondation IEA de Nantes.
-Antoine Frérot, Président Directeur Général, Veolia Environnement.
- Pierre Victoria, Directeur du Développement Durable, Veolia Environnement, Trésorier du CA de la Fondation IEA de Nantes.
Membres de droit :
- Bertrand Jouve, Directeur adjoint scientifique chargé des IEA et des MSH au sein de l'Institut des Sciences humaines et sociales (CNRS)
- Olivier Laboux, Président de l'Université de Nantes.
Personnalités qualifiées :
- Katharina Biegger, Secrétaire générale adjointe, Wissenschaftskolleg zu Berlin (RFA).
- Marie-Claire Certiat, Ingénieur, Déléguée Générale de la Fondation d'Entreprise EADS (France).
- Pierre Legendre, Professeur émérite, Université Paris I (Panthéon-Sorbonne), Directeur d'études honoraire, Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Ve section, Paris.
- Helga Nowotny, Présidente du Conseil Européen de la Recherche, Professeur émérite du Swiss Federal Institute of Technology Zurich (ETHZ).
- Yves Saint-Geours, Directeur général de l'Administration et de la Modernisation au sein du Ministère des Affaires étrangères, Vice-Président du CA de la Fondation IEA de Nantes.
- Arnaud Teyssier, Inspecteur général de l'administration, Professeur associé à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne.
Membres siégeant avec voix consultative :
- Françoise Thibault,chargée de mission au Ministère de la Recherche, département Sciences de l'Homme et de la Société, Direction générale de la recherche et de l'innovation, Commissaire du gouvernement.
- Alain Supiot, Professeur au Collège de France, Membre de l'IUF, Directeur de l'IEA de Nantes.
- Jean-Noël Robert, Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, Professeur au Collège de France, Président du Conseil scientifique de l'IEA de Nantes.
- Samuel Jubé, Secrétaire général de l'IEA de Nantes.
- Vincent Reina, Directeur du développement délégué, Suez Environnement, Président du Comité des donateurs.
Conseil scientifique
- Samantha Besson, Professeur de droit, Université de Fribourg, Suisse
- Alain Desrosières,Administrateur de l’INSEE et membre du centre Alexandre Koyré d’histoire et des sciences, EHESS, Paris.
- Dany-Robert Dufour, Professeur de Philosophie de l’éducation à l’Université Paris VIII.
- Rachid Filali-Meknassi, Professeur de Droit à l’Université Mohammed V Rabat-Agdal, Maroc.
- Hartmut Kaelble, Professeur au Institüte für Geschichtswissenschaften, Humbold Universität zu Berlin, RFA.
- Doulaye Konaté, Professeur d'Histoire à l'Université de Bamako et Président de l'Association des Historiens Africains, Mali.
- Shigehisa Kuriyama, Professeur d’histoire des sciences, Université de Harvard, USA.
- Ota de Leonardis, Professeur de sociologie à l'Université de Milano-Bicocca, Italie.
- Annie Montaut, Professeur de Hindi/Linguistique indienne et générale, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco), France.
- Jean-Noël Robert, Directeur d'études de japonologie, Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Directeur de l'Institut des Hautes Etudes de japonologie (Collège de France), Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, France, Professeur au Collège de France, Chaire de Philologie de la civilisation japonaise.
- Sanjay Subrahmanyam, Professeur d'histoire, Doshi Chair of Indian History, Université de Californie à Los Angeles, USA.
- Franciscus Verellen, Directeur de l'Ecole Française d'Extrème Orient (EFEO), titulaire de la chaire "Histoire du Taoïsme", France.
Président du Conseil scientifique : Jean-Noël Robert
Membres correspondants
Sont membres correspondants de l'IEA de Nantes :
- David Annoussamy, Juge honoraire, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, Inde.
- Robert Aronowitz,M. D., Associate Professor of History and Sociology of Science, Université de Pennsylvanie, USA.
- Balveer Arora, Professeur de sciences politiques, Université Jawaharlal Nehru (JNU), Inde.
- Augustin Berque, Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, France.
- Sudhir Chandra, Professeur d'histoire contemporaine, Mizoram University, Aizawl, Inde.
- Roger Chartier, Professeur d'histoire au Collège de France.
- Françoise Choay, Professeur émérite d'histoire et des théories de l'urbanisme, Universités Paris VIII et Cornell, France et USA.
- Benoît de Cornulier, Sciences du langage/langue et littérature françaises, Professeur à l'Université de Nantes, France.
- Mamadou Diawara, Professeur d'histoire, Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort/Main, Allemagne.
- Suren Erkman, Directeur de l'Institut pour la Communication et l'Analyse des Sciences et des Technologies (ICAST), Genève, Suisse.
- Augustin Emane,Maître de conférence à la Faculté de Droit de Nantes, France.
- Claude Evin,Ancien Ministre des affaires sociales et médicales, Professeur associé, Université de Nantes, France.
- Etienne François, Professeur d'Histoire, Freie Universität (Berlin, RFA) et Paris-I, France.
- Kirk Huffman, Anthropologue, Ethnologue, membre de l’Australian Museum de Sydney et Conservateur honoraire du centre culturel du Vanuatu.
- Huri Islamoglu, Professeur d'Histoire Economique, Turquie / USA.
- Cornelia Isler-Kerényi, Archéologue, Suisse.
- Yannick Lemarchand, Sciences de la gestion, Université de Nantes, France.
- Grahame Lock, Professeur de théorie politique et de philosophie, Université de Nijmegen et Leiden, Pays-Bas.
- Pierre Marechaux, Professeur de littérature latine et néolatine, Université de Nantes, France.
- Anne-Marie Moulin, Médecin et historienne des sciences, Directeur de recherche, Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Egypte-France.
- Philippe Moullier, Médecin et Directeur, au CHU de Nantes, de l'unité Inserm «Vecteurs viraux et transfert de gène », France.
- Martin Ndende, Professeur de droit, Université de Nantes, France.
- Osamu Nishitani, Philosophe, Professeur à l'Université des langues étrangéres de Tokyo, Japon.
- Clemens Pornschlegel, Professeur de littérature allemande, Université de Munich, Allemagne.
- Michael Power, Professeur d'économie, London School of Economics and Political Science (LSE), Grande Bretagne.
- Yvan Razafindratandra,Avocat au Barreau de Paris, France.
- Françoise Rubellin, Professeur de littérature française, Université de Nantes, France.
- Ousmane Sidibe, Professeur de Droit à l'Université de Bamako, Mali.
- Joseph Tonda, Professeur de sociologie, Université de Libreville, Gabon.
- Arild Utaker, Professeur de philosophie, Université de Bergen, Norvège.
- Alain Wijffels, Historien du droit, Directeur de recherche, CNRS, France et Belgique.
†Altan Gokalp, Anthropologue, Directeur de recherche, CNRS, France.
† Jean-Baptiste Butat, Médecin, France.
† Michel Cartry,Ethnologue/africaniste, Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Ve section, Paris, France.
Administration
Directeur: Alain Supiot
Secrétaire Général: Samuel Jubé
Secrétaire Générale Adjointe: Aspasia Nanaki
Conseiller scientifique: Ali El Kenz
Chargée de mission: Soizic Lorvellec
Responsable du Pôle Accueil & Logistique / Assistante de Direction: Elisabeth Toublanc
Assistante au Secrétariat général: Marie-Pierre Jousse
Assistante au Secrétariat général: Elena Desuesir
Assistante scientifique: Constance Cournède
Responsable gestion comptable, financière et sociale:Anne Mahé
Assistant-communication & logistique: Hugues Roger
Technicien audiovisuel, accueil, logistique: Dimitri Bastard
Réceptionniste: Anne-Christine Graziotin
Agent d'entretien: Ramona Bunduc
Informatique: François Vincent
Responsable de la Bibliothèque Julien Gracq: Véronique Cohoner
invitation
La démarche de l’IEA de Nantes part du constat de l’impossibilité propre aux sciences humaines d’une séparation radicale du chercheur et de son objet. En raison de ce statut épistémologique particulier, le comparatisme, et le regard de l’autre sur sa propre culture et ses manières de penser, sont indispensables pour accéder à ce qui tient lieu d’objectivité dans la connaissance de l’humain. La méthode employée, à la minuscule échelle de cet Institut, consiste donc à tenter de rompre avec l’unilatéralisme, selon lequel les Lumières sont au nord et les ténèbres au sud, en créant les conditions d’un apprentissage mutuel.
Ce choix épistémologique, et l’accent mis sur le développement d’un nouveau style de relations intellectuelles entre chercheurs du nord et du sud, éclairent un second aspect de la politique scientifique de l’IEA de Nantes, qui consiste à privilégier les recherches relatives à l’armature dogmatique des sociétés, c’est-à-dire à tout ce qu’il y a d’indémontrable dans le sens que chaque société peut prêter à la vie humaine.
Les sociétés humaines ne sauraient en effet se soutenir sans mobiliser un certain nombre de croyances fondatrices, qui échappent à toute démonstration expérimentale et fondent leurs manières d’être et d’agir. La politique scientifique de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes vise à aider des savants de tous les continents à considérer ces systèmes dogmatiques d’un autre œil : non pas comme des restes d’irrationalité dans un monde destiné à devenir transparent et gérable, mais comme des supports indispensables à l’institution de la raison dans un monde destiné à demeurer divers et imprévisible.
Cette dimension dogmatique de la vie humaine se trouve notamment à l’œuvre dans les langues, le Droit, la religion ou l’esthétique, qui ont en commun de signifier un sens, un sens posé et non pas démontré. Elle concerne aussi la philosophie et la sociologie des sciences, ainsi que la médecine, en tant qu’elle est une science de l’homme et pas seulement une branche des sciences vétérinaires. La croyance selon laquelle il n’y aurait rien à connaître de l’homme qui ne puisse un jour être expliqué par la physique ou la chimie, est en effet elle-même un produit de la dogmatique occidentale et mérite d’être analysée comme telle. Au-delà des chercheurs en sciences humaines et sociales, la politique d’invitation de l’institut s’ouvre donc aux médecins et aux biologistes ainsi qu’aux artistes (musiciens, plasticiens, écrivains, cinéastes).
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résidence
L’institut d’études avancées souhaite offrir aux résidents invités à Nantes un accueil et un environnement de qualité afin qu’ils puissent se concentrer sur leur projet de recherche.
Situé au cœur de Nantes, bordant la Loire, le bâtiment de l’IEA et de la Maison des sciences de l’homme Ange-Guépin, inauguré en février 2009, est un vaste bâtiment d’une surface totale de 6000 m2 et d’une architecture résolument contemporaine.
Les locaux propres à l’institut offrent un cadre de vie agréable aux résidents invités et à leur famille. Ils comprennent 25 bureaux de chercheurs équipés, ceux de l’équipe administrative, ainsi qu’un salon-restaurant sur loggia et un jardin en terrasse dominant la Loire. Les locaux mutualisés avec la MSH Ange-Guépin comprennent le centre de ressources documentaires, un amphithéâtre de 80 places, des salles de réunion et les locaux informatiques.
Par ailleurs, l’institut dispose d’une vingtaine d’appartements de taille différente (du studio au 4 pièces), entièrement meublés et équipés. Ces appartements seront mis à la disposition des résidents de l’IEA en fonction de la durée de leur séjour et de la taille de leur famille. Cette résidence est adjacente aux locaux de recherche et comporte plusieurs espaces communs.






































